Oh you, dirty little boy: “Come to Daddy” – Aphex Twin (Remix Little Lord Faulteroy)

On a tous un souvenir marquant lié à un artiste ou un morceau. Ma relation avec Aphex Twin a véritablement commencé durant une nuit vers 2 heures du matin. Seule, dans mon lit, j’ai voulu lire quelques articles sur l’artiste qu’on assimile souvent à un génie bien atteint psychologiquement. Sa biographie fait frissonner, et ses clips sont indescriptibles tant la folie humaine, l’étrangeté et même l’horreur atteignent leur apogée. Et quand bien même, tout est grandiose.

On assimilera sa musique au genre acid techno, IDM voire même ambient. Sincèrement, je ne sais pas si on peut classer aussi facilement la musique 90’ si avant-gardiste d’Aphex Twin.
Une dernière anecdote sur Aphex Twin : ce dernier serait atteint de synesthésie, c’est-à-dire qu’il assimilerait une ou plusieurs couleurs à un son. Ce phénomène neurologique apparaîtrait surtout durant ses rêves dits lucides. A son réveil, Aphex Twin tente de recréer ces sonorités, et paraît-il que grand nombre de ses morceaux résulterait de ces rêves.

Aphex twin

Avant de parler du remix de Little Lord Faulteroy, je vous laisse découvrir (et évidemment avec le clip de Chris Cunningham) l’incroyable violence de l’original Come To Daddy sortie en… 1997 !

Avec un artiste de cette envergure, les remix sont risqués. Le défi est de donner une nouvelle naissance à l’original, bien qu’unique, sans le souiller, sans l’appauvrir.
Selon moi, Little Lord Faulteroy a réussi ce challenge avec son remix de Come To Daddy sorti en 2007. Même si très différent, on y retrouve l’ambiance mystérieuse des musiques d’Aphex Twin. D’ailleurs, question mystère, il m’est impossible de trouver des informations sur la personne physique qu’est Little Lord Faulteroy. Serait-ce Aphex Twin lui-même ou un artiste resté dans l’ombre?

Le remix commence par quelques secondes d’un magnétisme transcendant. La méthode d’enregistrement est remarquable : On retrouve un effet de filtre appelé « spectral gate » qui ajoute cette profondeur au début du morceau, donnant un lo-fi (ou low-fidelity) qui va produire ces sonorités sombres, underground voir même sales.
La batterie acoustique arrive : on ressent alors le psychédélisme de la musique. On se laisse envouter, bien qu’une douce angoisse soit présente. Puis le hi-hat (cymballes des batteries acoustiques) produit un effet constant qui va accentuer le côté « downtempo » du morceau. Même si ces sonorités ne sont pas réellement relaxantes, on sent l’intensité, le côté « deep » que l’artiste a voulu donner à son remix.
A la première minute, le sample commence : une enfant chantonne « Oh you, dirty little boy, dirty little boy » et enchaîne en chuchuttant par une voix vocodée un autre sample : « Looking at the swans and hearing the birds singing; watching the water flow past in the canal. » repris ensuite par une voix plus grave. Ce sample avait déjà été utilisé dès les premières secondes de Girl/Boy remixé par £18 Snare Rush sorti sur l’EP Girl/Boy en 1996. Sur cet artiste non plus, aucune information n’est trouvable… Aphex Twin réaliserait-il des remix de ses propres morceaux sous d’autres noms ?
Pour l’anecdote, ce deuxième sample poétique (traduction : « Regarder les cygnes et entendre les oiseaux chanter ; observer le flot de l’eau descendre le canal. ») provient du livre anglais pour enfants Little Lord Faulteroy, publié en 1886.
La profondeur et même l’intelligence de ces techniques d’enregistrement font de ce remix un mystère musical.

Remerciements : Under_s
Et si vous êtes curieux, découvrez son univers musical : ici avec mon coup de cœur pour Red Stripe.

Un commentaire

  1. j’ai vu aphex twin je me suis dit que cetait un truc sympa pour commencer un dimanche…
    la musique et le clip sont trop malsains.

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