L’Impératrice – L’Impératrice EP (Cracki Records)
Cracki est certainement le label français le plus intéressant du moment. Pourquoi ? Parce que chez Cracki, on fait des paris, on est originaux mais surtout : on a beaucoup de talent. Après Renart (chroniqué ici) et Larcier (chroniqué ici), c’est au tour de l’Impératrice de crâner et d’exposer son savoir faire. L’artwork est soigné, chose habituelle chez Cracki.
• L’Impératrice : Tout débute par un synthé au grain agréable. Le beat s’immisce… L’arrivée du flow du rappeur peut paraître brutale puisque inattendue de la part d’un label comme Cracki. Mais finalement c’est tellement logique, tellement bien amené et tellement bien rappé qu’une version instrumentale serait bien inférieure à l’originale. L’envolée retenue du saxe est du plus bel effet et lorsque celle-ci se termine, que nous croyons cette beauté achevée ; l’Impératrice, elle, nous dit « encore ». Exquis.
• Manège Express : La basse est géniale, les différents synthés sont encore élégants mais celui qui apparait à 2’45 sort du lot. Il crie. Il crie tout ce que l’Impératrice veut exprimer. C’est donc intense. L’apport des musiciens saute aux oreilles sur ce morceau. Batteur et peut-être même quelqu’un derrière le xylophone.
• Le Baron Rouge : Cette lenteur est sensuelle. Ce groove est indécent. Là encore, le batteur a une place primordiale qu’il maitrise parfaitement. Arrive ce break. Mais quel break ! L’excuse parfaite pour prouver que l’analogique a encore de la gueule, l’excuse parfaite pour dérouler une série d’accord semi blues/semi funk délectable, l’excuse parfaite pour introduire une voix féminine. Ce morceau est l’excuse parfaite pour le sexe.
• 1998 : Le titre le plus funky de l’EP. French Touch au sens originel du terme. Les influences sont Disco, le résultat est House. Oui, exactement comme à l’époque de la French Touch, là bas, en 1998. Le tout est explosif : une boucle de synthé simple, cœur de la seconde moitié du morceau. Elle se collera fermement à votre mémoire auditive. Les synthés secondaires sont dignes de George Duke.
Chaque morceau aurait supporté une ou deux minutes supplémentaires. Le plaisir aurait été prolongé sans que cela n’en devienne chiant.
Là où l’Impératrice a tout juste, là où elle est toute fraîche, c’est dans le choix de s’entourer de musiciens issus (sans doute) d’une culture jazz mais capables de jouer funky et adapter leur style à des auditeurs issus de la culture dance et non jazz. Sans leur talent, l’Impératrice serait déchue de son trône. Mais ils sont là. L’Impératrice règne. Le peuple l’encense.
Les 4 titres en preview ici.
Tout cela sort le 22 octobre chez Cracki.













Vraiment excellent, je pense que je vais acheter l’album, ça me donne envie de danser ! Merci pour la découverte.