Interview vidéo de Fetisch – Insomnie Residency w/ Terranova
A l’occasion de l’Insomnie Residency du 22 septembre dernier, La Boite à Moustache a eu la chance d’interviewer Fetisch, créateur de Terranova actuellement formé d’&ME et lui-même.
Une interview enrichissante, filmée au DV1 qui reflète une infime partie du monde de Fetisch en continuelle évolution: créativité, hyperactivité, et liberté musicale sont les mots-clés.
Interview Fetish de TERRANOVA – Insomnie Residency from La Boite A Moustache on Vimeo.
Traduction de l’interview juste en dessous…

Quand avez-vous réalisé que vous deviendrez un musicien professionnel ?
Je n’ai probablement jamais réalisé cela … Je n’avais seulement pas d’autres choses à faire ! A New York, j’étudiais le cinéma et pour me faire un peu d’argent, je travaillais dans des boîtes de nuit…et je n’ai jamais quitté cet endroit ! C’est arrivé comme ça.
Dans un premier temps en tant que DJ quand j’avais 14 ans, avant que je ne parte à New York à l’âge de 20 ans, quand j’étais un petit enfant. C’est juste arrivé comme ça.
Pouvez-vous m’expliquer, dans les années 90, lorsque vous commenciez à mixer dans des clubs underground tels que le Paradis Garage, le Mudd Club, dans des fêtes illégales, comment avez-vous vécu cette période ? Comment le public réagissait face à votre musique ?
C’était bien… que puis-je en dire, c’est un peu flou pour moi, je ne m’en souviens pas exactement. Mais pour te dire la vérité, maintenant est probablement une meilleure époque : c’est beaucoup plus universel avec une grande communauté, de partout. Je n’ai jamais entendu autant de bonnes musiques que maintenant.
Vous ne vous sentez pas nostalgique de cette ancienne époque ?
Non, cela m’irrite un peu ces personnes si nostalgiques, qui essayent de recréer des sons originaux. Ils copient pour produire des sons qui sonneront exactement comme dans les années 90 ou 97. Alors que cette nouvelle époque est toute une question de progrès.
Vous composez de nombreux genres musicaux. Du hip hop à la house, de la pop et de la dance. Chacun de vos albums est différent. Comment expliquez-vous ces évolutions ? Adaptez-vous votre musique à la tendance actuelle des clubs ?
Quand j’ai commencé à faire de la musique, c’était de la house, pour les clubs. Je devine que tout cela est arrivé selon mes pensées, mon entourage, l’époque, mes ressentis. Je n’ai jamais planifié ma musique. Sur ce label d’aujourd’hui, Kompakt, à Cologne, lorsque j’ai commencé mon dernier album (Hotel Amour ndlr) j’ai réalisé que ce serait de la dance music, car c’est ce que j’écoute actuellement.
Vous avez collaboré avec un grand nombre d’artistes. Comment avez-vous rencontré ces personnes ? Dans un cadre professionnel ou amical ? Restez-vous encore en contact avec certains d’entre eux ?
Ces rencontres se sont toutes faites au sein du concept Terranova. Un projet pour travailler avec différentes personnes que j’aime, que je respecte est toujours excitant. Cela s’est établi sur une base amicale, jamais avec l’intermédiaire de managers. Ces rencontres sont toujours des coincidences, généralement faites en clubs ou dans des festivals.
Comment avez-vous rencontré Tomas Hoffding, par exemple ?
Tomas joue dans WhoMadeWho, mais il a aussi un projet en solo appelé Bon Homme. On a joué ensemble dans un club à Berlin. Il était en train de jouer en live, et quand il finissait, j’étais en train de mettre mon vinyle et il a commencé à chanter dessus. Et je me suis dit « Wah, c’est vraiment bien ». Alors, après le show, je lui ai dit « Faisons quelque chose ensemble ». C’était en novembre ou décembre dernier. Cela a été naturel. On va d’ailleurs travailler sur de nouvelles choses bientôt. On va jouer ensemble à Strasbourg, le 6 octobre.
En général, comment composez-vous vos tracks ? Cela varie ou avez-vous une machine ou un logiciel favori ?
Cela change, car les technologies sur ordinateur sont très avancées maintenant. Quand j’ai commencé à faire de la musique, ce n’était pas aussi sophistiqué. Cela ne sonnait pas aussi bien, toutes ces vieilles machines, ces synthétiseurs et même ces guitares. Mais aujourd’hui, c’est si parfait, tout est déjà sur mon ordinateur. J’ai une TR 808, une Roland, une boîte à rythme… et un microphone !
Est-ce que vous avez un moment de la journée ou état d’esprit qui vous stimule pour produire de la musique?
Quand je commence quelque chose, cela peut durer 3 journées, jour et nuit. Et ensuite je ne produits plus pendant quelques jours, pour aller voyager. J’ai un studio pour mixer ma musique, mais pour écrire et arranger mes sons, je le fais chez moi : il y a mon lit et là mon ordinateur, alors je me lève et je fais ça, ou alors même dans le train, dans l’avion. Peu importe !
Entre 2004 et aujourd’hui, vous n’avez pas sorti d’album, comment expliquez-vous cette période ?
Si j’en ai fait, mais sous un autre nom. J’ai produit un album appelé Lotterboys sur Eskimo Record avec Prins Thomas, (…),des gens de Belgique. J’ai réalisé aussi un album sous le nom de Lottergirls sur le label Minestry of Sound.
J’ai réalisé aussi beaucoup de choses sur le label Gigolo sous le nom de « Fetisch and &ME ». Normalement c’est Terranova. Et nous avons également ce projet « Fet et moi » (où ils ont fait une sortie non-officielle de « Paris is for Lovers « ndlr). Sur Kompakt, nous avons décidé de reprendre le nom Terranova.
Nous choisissons tous ces différents noms car les sorties que nous pouvons faire à un moment donné ne vont pas correspondre au genre que nous faisions avant.
En Février dernier votre dernier album « Hotel Amour » est sorti sur Kompakt. En tant que duo avec &Me, comment avez-vous composé vos musique ? Etiez-vous toujours ensemble pour travailler une track ou il vous arrivait de travailler chacun de votre côté ?
Je fais beaucoup de choses seul chez moi. Quelques fois, &ME mixe une track seul. Je suis souvent à Paris quand nous faisions cet album. Alors il venait chez moi, ou j’allais à Berlin ou même nous nous voyons sur Skype : avec un ordinateur avec Skype, et l’autre pour faire de la musique et nous échangeons. J’ai travaillé avec &Me de cette façon pour Lottergirls, ou sur Gigolo Records.
Qu’est ce que l’album « Hotel Amour : Night Porter » vous apporte ? Avez-vous contribué à cet album ?
Tous mes amis ont fait un remix sur Nightporter sur chaque track. Aujourd’hui les choses ont une durée de vie beaucoup plus courte et je ne critique pas ce fait. Je suis pareil, j’achète de la musique chaque semaine, vraiment beaucoup, tels qu’on pourrait acheter des yoghourts ou des fruits! Je joue du classique, beaucoup de choses sur le label Cômeme, Kompakt, Keine Musik, Souvenirs, Radioslave… Radioslave ou Dj Hell sont là depuis très longtemps, depuis les années 90. C’est génial car avant, il y a cent ans, cinquante ans les enfants étaient vraiment différents de leurs parents. Alors que maintenant tout tourne autour de la musique, c’est toute une communauté de différentes musiques tels des univers parallèles avec différentes règles et lois. C’est magique, tout ce put*** d’univers.
Avez-vous déjà de nouveaux projets pour le futur ?
Nous venons juste de faire une production non-officielle sous le nom de « Fet et Moi » sortant dans 4 ou 6 semaines avec beaucoup de remix : un pour Mickael Meyer sur Kompakt, un pour le duo Deutsch-Amerikanische Freundschaft (duo hispano-germanique fondé en 1978 ndlr) et faire de nouveaux morceaux de Terranova avec un prochain EP de 4 tracks en Février.
Un dernier mot pour toutes les personnes qui viendront vous voir ce soir à l’Insomnie Residency ?
Je leur dis « Venez ! Passez un bon moment et soyez ouverts d’esprit » et « Profitez » je l’espère !

Remerciements:
Insomnie Musique
Sébastien
Xav & Vince
Benoît dit Beubeu
Zach
Quentin
Raph’
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