Voyage au bout de la nuit : La BAM à BERLIN
La Boîte à Moustache s’est offerte une petite semaine de vacances pour aller à la rencontre de Berlin. Une bonne occasion pour vous raconter nos meilleurs souvenirs, nos bons plans et nos ressentis sur cette incroyable ville, le tout en musique.
Resident Advisor a été notre guide touristique pour ces 6 nuits berlinoises. Ce wikipédia de la musique électronique connaît un succès mondial étonnant, alors que le concept de base était de seulement faire connaitre les Djs locaux de la ville australienne dont les créateurs sont d’origine.
Samedi 11 août – Nuit 1 : Tresor Night au Tresor
Excités comme des enfants pour notre première nuit, on a choisi de découvrir un des plus célèbres clubs berlinois en matière de techno.
Au programme, nos oreilles allaient écouter Puresque aka DJ Mocca & Paul Brtschitsch sur le label du Tresor (où l’on y retrouve les grands noms tels que Jeff Mills, Juan Atkins et Adam Beyer) et aussi Reeko, DJ espagnol créateur du label Mental Disorder.
Une fois à l’intérieur du Tresor, on ressent déjà le côté sombre qui s’adapte à la musique : deux salles, de longs couloirs allumés par des néons rouges, des murs construits par de vieilles pierres, des toilettes glauques et recouvert de graffitis.
Les Djs sont enfermés, tels dans une cellule de prison, et le public de devant se déchaînent en s’agrippant aux barres.
On s’est dirigés dans la Keller (i.e « cave »): Puresque & Reeko s’alternaient pour mixer. Impossible de ne pas se laisser prendre à la fois par la force des basses, et la précision apportés aux effets et aux transitions. Je me rappelle d’un incroyable moment : le son me transcendait, je dansais à ne plus sentir mon corps. Et pendant à peine quelques secondes le volume a été baissé, les basses se sont calmées, et instinctivement, j’ai pu reprendre une grande inspiration, sentant la montée du son arriver.
La musique est une drogue. Elle se suffit à elle-même pour vous transporter très loin, lâcher toutes les tensions du quotidien, vous faire rentrer dans un univers où l’on ne veut plus en sortir.
Nous sommes sortis du Tresor vers 8 heures, le soleil nous éblouissait et nos oreilles nous remerciaient.
Pour vous donner une petite idée de Puresque:
Dimanche 12 août : Berlin Rooftop Experience – dOP presents les Fils du Calvaire au Weekend
A peine réveillés, nous prenons le train (appelé U-Bahn) pour se rendre sur les toits au 15 ème étage d’un immeuble où le Weekend se trouve.
L’endroit est parfait pour « chiller » en après-midi. Une vue impressionnante, de confortables coussins, une exposition de photos et un barbecue.
Vers 18 heures, dOP est monté en scène pour jouer un live de leur nouveau groupe « Les Fils du Calvaire » qui n’a laissé personne indifférent: un chanteur à l’énergie époustouflante, on s’est laissé danser même si nos jambes criaient au secours.

Puis Dirty Doering a calé ses sons, très house, et je ne vous cache pas que l’on a été un peu déçus de son set.

Dimanche 12 août – Nuit 2 : Vakant Nacht au KaterHolzig
Vakant & le KaterHolzig nous avait concoctés une parfaite soirée pour clôturer le week-end : un live de Dario Zenker, Nico Purman, Jeremy P Caulfield et James Cooper se partageant deux salles, l’une aux influences techno et l’autre house. Tout le monde y trouve son compte.
L’endroit est simplement indescriptible : au bord de la Spree, le KaterHolzig ressemble à un immense squat berlinois aménagé pour accueillir les amateurs de musique : la décoration regorge d’objets surprenants, les graffitis sont omniprésents, des canapés sont posés dehors, et des linges sont suspendus par des cordes le long des façades telles dans une ville perdue de l’Italie.
On rencontre des habitants de Berlin nous racontant leur mode de vie et leur façon de faire la fête. C’est passionnant, et on se plaît tellement dans une ville où le multiculturalisme et l’ouverture d’esprit sont des traditions.
Pour le son, nous avons préféré la salle Techno : la sono est d’une qualité incroyable, les basses résonnent et font vibrer notre cœur. Pour l’aménagement, la salle house était parfaite : les Dj mixent dans une cahute en bois recouverte de tags et stickers, les fenêtres cassées nous offrent la vue sur l’aube du jour.
Lundi 13 août – Nuit 3 : Noisy Glance au Club Der Visionaere
Une petite visite du Club Der Visionaere s’imposait, et s’accompagnait de sons plus house et groovy. On retrouvait The Clover et Rufus, du label Bosconi et également Topper, jeune DJ italien installé à Berlin aujourd’hui.
Je ne vous cache pas que le lendemain d’une nuit au KaterHolzig, ce club ne m’a pas époustouflée. La piste de danse est petite, mais le coin lounge et les découvertes musicales savent se faire apprécier. Je dirais que le Club Der Visionaere est parfait si l’on veut prendre un verre entre amis sous un saule pleureur, au bord d’un courant d’eau, avec une musique toujours de qualité.
Mardi 14 août – Nuit 4 : Dienstagwelt :Live Sender au MIKZ
Cette soirée fut sans aucun doute la plus belle surprise: arrivés par hasard, on ne s’attendait pas à écouter de la si bonne techno dans un club typiquement berlinois. Le line up se composait d’un live de Metope, et de sets de Benno Blome, Fichtenau et SiD.
Voici mon coup de coeur pour l’un des sons de Metope, jetez un oeil à sa page Soundcloud:
J’ai pu y retrouver l’énergie de la première nuit au Trésor : le public aimait ce qu’il écoutait, et lors de la fermeture, aux alentours de 7 heures du matin, le DJ s’est fait acclamé pendant un long moment. Les premiers rayons du soleil s’infiltraient et tout le monde n’avait qu’une envie : rester dans cette sombre salle pour danser encore.

Mercredi 15 août – Nuit 5 : Meet :HauntMusic au Watergate
Le label Haunt Music était à l’honneur cette nuit là, avec Mike Shannon, The Mole et DeWalta.
Je voudrais vous déconseiller d’aller dans ce club sauf si l’artiste de vos rêves joue ce soir là.
Pendant l’heure passée dans la queue, j’ai pu m’apercevoir que la clientèle faisait plus attention à leur apparence qu’à la programmation des artistes.
Le club en lui-même nous a paru un peu trop sophistiqué. Je ne m’attendais pas du tout à voir ces grandes baies vitrées impeccables et ce coté « bar lounge ». Non, moi je voulais ressortir toute sale du club et voir de nouveaux trous dans les chaussures de Xav !
Dommage pour l’endroit, heureusement, la musique restait extrêmement bonne, avec un matériel de grande qualité, et même vers la fin, les sonorités étaient beaucoup plus disco.
Jeudi 16 août – Nuit 6 : Kiss Me Kate au Salon Zur Wilden Renate
Il serait bien prétentieux de vouloir vous décrire l’extraordinaire Club du Renate.
Le cadre du KaterHolzig était absolument incroyable mais la magie du Renate était encore plus intense compte tenu qu’aucun de mes amis ne m’en avait fait la description.
C’est pourquoi, je conseille à ceux qui pensent se rendre prochainement à Berlin de ne pas lire la suite de cette soirée et de passer directement à la conclusion.
Dès l’entrée du club, le décor commence à séduire : un grand jardin vous accueille, des coques de bateaux flottent dans les airs, accrochées à des arbres. Une autre est posée au sol pour vous servir de banc. Un énorme pneu de tracteur est lui aussi suspendu pour vous balancer tranquillement pendant les quelques répits que vous vous accorderez dans la soirée.
Cependant, l’envoûtement opère réellement à l’entrée dans l’immeuble désaffecté où les artistes se produisent.
Comment vous décrire ce lieu si singulier ? Au niveau de l’agencement, il ressemble étrangement à un hôtel où les propriétaires auraient dû partir précipitamment et ainsi laisser quelques meubles encombrants : canapés et fauteuils dans chacune des nombreuses pièces.
Des tableaux atypiques ornent fond de la scène en s’intégrant parfaitement au décor.
Mais le plus beau du spectacle restera selon moi les incroyables jeux de lumière que vous propose le lieu. Des lampes rouges, bleues et autres s’alternent pour éclairer les paravents mystiques accrochés au plafond.
La plupart des tracks jouées sont de la Deep House ou même de la House, mais pour une fois, cela ne me dérange pas. Je me sens bien, dans un autre monde.
Un ou deux morceaux techno changeront totalement ma perception des choses ; les lumières apaisantes qui allaient si bien avec de la Deep ne changent pas mais mon esprit les transforme et se focalise plus sur les lasers qui me transpercent le corps, au même titre que les basses. Je suis en train de rêver.
Je pourrais vous parler de bien d’autres facteurs extraordinaires que vous offre le Renate, mais je crois qu’il est largement préférable que chacun d’entre vous aille y faire un tour pour être époustouflé comme j’ai pu l’être.
Quand vous aussi serez hypnotisés, ne restez pas uniquement dans la salle principale, au fil de la nuit, de nouvelles portes sont ouvertes pour laisser place à de nouvelles pièces et de nouveaux artistes.
Seul regret de la soirée, devoir quitter mon rêve à 4 heures pour prendre l’avion, direction Lyon…
Conclusion de cette petite semaine berlinoise: il faut y retourner. Vite.










Ok, ça donne envie… On va ts y aller : challenge numéro 1 !