Lorsque la techno se dévoile chaleureuse: Insomnie Residency w/ DEETRON, Julien Piacentino, Reworks & Raja
Après la house enivrante de Terranova, l’élégante Insomnie Musique revient pour une deuxième édition dans son fief, le DV1.
Toujours en quête de la pointe de la musique électronique, Insomnie réunira ce samedi 20 octobre Deetron, ainsi que Julien Piacentino, Reworks et Raja, trois artistes français à suivre de très près.
Ce que La Boîte à Moustache apprécie le plus chez Insomnie est cette audace de nous faire (re)découvrir de talentueux noms pas forcément dans la lumière de l’actualité tels que le pionnier Robag Wruhme ou mes préférés, Margot.

Intéressons-nous de plus près à Deetron. Ce nom nous est familier, mais j’avais sous-estimé la dimension de ce DJ et producteur.
Né à Bern, en Suisse, Deetron a vécu au sein d’une famille où la musique était reine. Fils d’un musicien de jazz, Deetron s’est tout d’abord tourné vers le hip-hop durant son adolescence, adulant Prince Paul, A Tribe Called Quest ou encore Gang Starr. C’est dans ce contexte que les mains curieuses de Deetron toucheront pour la première fois des platines en 1992.
Très vite, il se fera remarquer par le producteur américain Todd Terry, artiste connu pour avoir été une étape importante dans le développement de la deep house fin des années 80.
Cette influence pourra être à l’origine de la chaleur de ses beats et Deetron se tournera par la suite vers la musique électronique issue de Chicago et de Detroit. Quelle meilleure ville aurait-il pu choisir pour sa transition !

Sa rencontre déterminante sera celle de Stefan Riesen, fondateur de plusieurs labels notamment Phont Music, qui lui donnera l’opportunité de se lancer en tant que producteur.
Au niveau de sa discographie, Deetron est un véritable boulimique sur la scène techno: les sorties de ses Singles & EP s’enchaînent dés 1998 jusqu’à aujourd’hui.
L’EP The Afterlife en 2006 sur Music Man Records prouvera véritablement la notoriété de Deetron parmi les artistes de la musique électronique. « The Afterlife » dévoile la face sombre de Deetron, influencée par la techno de Detroit:
On notera cependant que cet artiste ne dénigre pas le temps passé pour la production de son album.
En 2006 sortira son seul album Twisted sur Music Man Records.
Délicat et mélodique, les sonorités restent cependant très rythmées, parfaites pour le dance-floor.
Dans cet album « Isotope », qui a son propre EP, est certainement ma favorite. L’arpégiateur et les kicks, à l’apparence innocente, révèlent à certains passage un côté diabolique et envoûtant.
Cette track avait eu sa place dans le set de Sven Vath, au Cocoon Amnesia en 2006, rien que cela…
Cette année, Deetron réalisera un podcast pour Little White Earbuds, le LWE 112, réuniant diverses tracks des années précédentes. Techno, house et tech house sont à l’honneur, et nombreuses perles sont à découvrir dans ce podcast:
Son ouverture musicale et ses influences de Chicago à Detroit nous promettent un DJ set loin d’être insipide.
Passons maintenant aux nouveaux talents français qu’Insomnie invitera cette nuit-là :
Remarqué dés ses premiers pas dans la techno, les productions de Julien Piacentino n’ont jamais passé inaperçues. Playlisté à l’époque par des grands noms tels que Troy Pierce (DJ, producteur et fondateur d’Items & Things avec Magda et Marc Houle) ou encore Ivan Smagghe (un des génies français aux multiples fonctions, de DJ à journaliste), Julien s’est orienté aujourd’hui sur des productions beaucoup plus tech house et deep house.
Une de ses tracks qui mérite une grande attention « Sadness »:
Plusieurs de ses compositions seront sorties sur le label Time Has Changed (où l’on retrouve Nhar à écouter si ce n’est déjà fait et Timid Boy entre autre). Mais Julien semble ne pas souhaiter être qu’un protégé de labels de renom, puisque qu’il vient de co-créer son propre label: Konflict Records.
Un avenir ambitieux se prépare devant lui, et il serait intéressant d’aller voir sa performances au DV1 avant qu’il ne monte de plus en plus haut.
Le label lyonnais Palma confiera à Insomnie deux de ses recrues:
Raja, qui avait sorti entre autre sur la session de Palma en Janvier, une track tech house qui ont rendu mes oreilles curieuses:
Et Reworks, que j’avais pu voir à La Plateforme le 22 septembre dernier à l’occasion de la Release Party de Spitzer.
Mixer après un live aussi dynamique des deux frères ne devait pas être chose facile et pourtant, Reworks a su montrer ce qu’il avait dans le ventre: je me souviens de la force des basses, de l’énergie et l’enthousiasme que ce jeune producteur montrait à son public.
Avec un talent et une attitude aussi positive, La Boîte à Moustache souhaite à Reworks une belle escapade sur la grande scène de la musique électronique.
Et pour finir cet article, mon véritable coup de coeur pour la douce « Journey », qui va tourner en boucle dans mon salon:
Techno et tech house sauront vous faire perdre haleine au DV1.
Pour plus d’infos sur l’Insomnie Residency de ce samedi 20 octobre c’est ici.
Et pour vos préventes, rendez-vous à la boutique Héritage ou sur Resident Advisor.
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